Au nom des adhérents de la fédération des libres penseurs de Meurthe et Moselle, je salue tous les camarades.
Dans la suite de la manifestation du 10 décembre 2005, nous avons pleinement participé aux inventaires anti-laïques et étions présents aux Etats-Généraux de la laïcité du 9 décembre 2006. Nous avons organisé trois conférences et avons organisé 2 banquets laïques et républicains. Nos effectifs sont quasiment stables. Notre congrès départemental a voté à l’unanimité tous les rapports nationaux.Bien que le décret obligeant les communes à subventionner des écoles privées d'autres communes soit suspendu pour vice de forme et que 5000 communes sur 30000 aient voté contre cette subvention, il est à craindre que la menace soit toujours présente.
Lors de notre congrès départemental, nous avons une discussion très riche sur la manière dont nous situer par rapport à la religion islamiste. Je vais retranscrire les différents points de vue.
Les interrogations suivantes ont été posées dans la discussion : pourquoi avoir traité le voile de « fantaisie vestimentaire » ? En effet, certains adhérents ont estimé qu’il est le symbole même de l’oppression féminine et dans certains pays islamistes, on tue les femmes qui ne le portent pas. Et que dira-t-on quand sera imposée la burqa ? D’autres adhérents ont regretté que le soutien à Redeker n’ait pas été total et qu’une grande partie du texte censé le soutenir ait été consacrée à souligner ses erreurs. Pourquoi, la LP au moment du procès fait à Charlie Hebdo à propos des caricatures de Mahomet est restée muette ? L’islamisme permet au communautarisme de se structurer autour de thèmes simplistes et potentiellement violents. Ne pas s’opposer à lui, c’est ne pas soutenir les musulmans les laïques et tous les athées, maghrébins et autres. L’islamisme politique manifeste une violence intolérable comme le faisait l’Eglise catholique il y a quelques siècles.
Les adeptes de la religion musulmane ne concernent qu'environ 2% de la population française même si certains sont de plus en plus visibles. D'autre part, les musulmans appartiennent à différents "courants", la création du CFCM par Sarkozy ayant fait craindre à une réunification de ceux-ci n'a pas été le cas, vu les remous de ce conseil ... avec des essais de prise de pouvoir par l'un ou l'autre); il est aussi à noter qu'environ 80% de ces musulmans sont laïques et respectueux des lois républicaines. Il en résulte une piste possible qui consisterait à établir des contacts avec des associations de musulmans laïques ou de non musulmans maghrébins laïques : il faut se souvenir que l'Association de Culture Berbère avait participé aux Assises de la Laïcité du 11-02-2004 à Nancy à la même tribune que Christian Eyschen pour la LP et l'IHEU, Etienne PION pour Europe et Laïcité et Guy Georges.
La constitution du Conseil du culte musulman de Sarkosy est un projet politique consistant à mettre en avant cette religion. C’est la solution qu’il trouve pour organiser le communautarisme et opposer les citoyens par religions pour mieux faire passer sa politique anti-sociale. Il ne faut pas confondre ceux qui ont un projet politique et l’immense majorité des adeptes de ce culte. Il était souligné aussi l’étrange filiation entre l’islamisme politique et la politique américaine depuis la république islamiste iranienne, le soutien aux talibans afghans, et les intérêts croisés entre la famille Bush et Ben Laden. Un autre adhérent soulignait la nécessité de critiquer toutes les religions et de mener un combat pour le respect de la laïcité par les autorités vis-à-vis de toutes les religions : les actions menées par certaines fédérations contre le financement public direct ou voilé des mosquées va dans ce sens. Sans rien céder à la critique de toutes les religions, soulignons qu’en 1905 les politiques avaient eu le courage de s’attaquer à la pénétration de l’Eglise majoritaire dans les institutions de la République par le concordat alors que 80 % de la population était catholique : ils ne se sont pas attaqués à une religion minoritaire. La meilleure éducation à la laïcité des citoyens musulmans est de faire respecter la laïcité les autorités de la République par toues les institutions de la République. Il a été souligné aussi que la disparition des services publics par le désengagement de l’état, par la privatisation laisse la part belle à la constitution d’associations diverses pour répondre aux besoins des citoyens. Et comme par définition des associations ou ONG ne sont pas astreintes au respect de la laïcité, elles peuvent servir de relais de façon plus ou moins opaque à différents lobbies du privé confessionnel ou non et sont donc subventionnées par l'argent public sans possibilité de jugement par les élus : la destruction des services publics sont une brèche dans laquelle les anti-laïques peuvent s’engouffrer. La question à l'étude reste donc d'actualité dans nos tâches de fonds, de même que les "inventaires laïques".
Bref, cette discussion sereine menée dans notre congrès, très riche, très diverse, souligne la nécessité de mener ce débat sur les axes qui font la Libre Pensée afin de nous permettre d’agir avec intelligence. La critique de toutes les religions, de tous les obscurantismes, et la reconquête de la laïcité par l’exigence du respect de la laïcité institutionnelle par la pleine application de loi de 1905.
2005 est le centenaire de la loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’État qui garantit la laïcité de l’École et de l’État dans la République une et indivisible.
Cette loi, constitutive de la démocratie, établit la totale liberté de conscience. C’est une loi de concorde civile, car les options spirituelles propres à chaque citoyen relèvent de la sphère privée : cela permet ainsi le rassemblement de tous les citoyens dans la sphère publique.
Elle doit donc être célébrée et défendue dans une situation où le religieux pénètre les institutions publiques avec l'appui plus ou moins déguisé des plus hautes autorités de la République, suscitant ainsi des replis communautaires.
Un
« Appel aux laïques » (disponible sur le site de la Libre Pensée :
http://librepenseefrance.ouvaton.org ou
http://membres.lycos.fr/librepensee54) a été initié par des laïques de
différentes sensibilités.
Il offre la possibilité aux citoyens de se regrouper dans une grande
manifestation à Paris le 10 décembre 2005 pour commémorer, défendre et
obtenir la pleine application de cette loi à tous les niveaux de la
République.
Aujourd'hui, 17 organisations au niveau national appellent d’ores et déjà à cette manifestation.
Au niveau départemental, la Libre Pensée, prépare cette manifestation aux côtés de tous les laïques qui le souhaitent car la laïcité n'est la propriété de personne mais celle du peuple.
C'est pourquoi, elle propose à toutes celles et tous ceux qui sont en accord avec l' « Appel aux laïques » de venir s’informer ou d’apporter leur contribution pour la réussite de cette manifestation lors d’une réunion qui aura lieu le lundi 12 septembre à 19h30, salle de la buvette de la salle des fêtes de Tomblaine (Place Goethe).
Par ailleurs, les citoyens qui le souhaitent, peuvent aussi assister au compte-rendu des congrès internationaux de juillet et du congrès national de fin août de la Libre Pensée, qui sera présenté de 18h00 à 19h30 le même jour dans la même salle.
APPEL AUX LAÏQUES POUR LA DÉFENSE
ET LA PROMOTION DE LA LOI DE 1905 !
Le 9 décembre 1905 était votée la loi de Séparation des Églises et de l’État qui mettait fin à plus d’un siècle de concordat, en allant jusqu’au bout de l’œuvre de sécularisation initiée par la Révolution française. En proclamant comme un principe institutionnel que « La République assure la liberté de conscience », la laïcité interdisait tout financement direct et indirect des religions par l’article 2 de la loi : « La République ne reconnaît, ne subventionne, ni ne salarie aucun culte ».
Les tenants de la démocratie politique ont dû s’y prendre à trois reprises pour instaurer cette séparation : en 1795, en 1871 puis en 1905. Par deux fois, les partisans de l’oppression avec Bonaparte en 1801, puis Thiers après l’écrasement de la Commune, ont jeté à bas cette construction de liberté. Depuis 1905, beaucoup d’autres ont aussi remis en cause gravement le principe de séparation des Églises et de l’État.
Après la Commune de Paris et la semaine sanglante, le mouvement ouvrier renaissant a lié son combat d’émancipation sociale à celui des républicains pour l’avènement de la laïcité scolaire, puis celle de l’État, pour faire triompher l’absolue liberté de conscience. La séparation des Églises et de l’État était l’aboutissement de la grande Révolution française qui avait proclamé l’exigence de l’égalité des droits des citoyens.
Jean Jaurès pouvait ainsi dire : « La loi de séparation, c’est la marche
délibérée de l’esprit vers la pleine lumière, la pleine science et l’entière
raison ». Et Ferdinand Buisson, président de la Commission parlementaire
chargé d’élaborer la loi rajoutera :« La séparation n’est pas le dernier mot
de la révolution sociale, mais elle en constitue indéniablement le premier ».
Il faut restaurer et étendre la loi de 1905 !
Les coups les plus rudes ont été portés contre les principes de séparation par Vichy, à travers les lois du 5 février 1941, du 8 avril et du 25 décembre 1942 qui ont refait de l’Église catholique une puissance considérable, financière, mobilière et immobilière, et qui ont permis le retour des congrégations. Toutes ces mesures anti-laïques ont été maintenues depuis la Libération.
En maintenant le statut clérical d’exception en Alsace Moselle (le plus vieux concordat existant en Europe qui est associé à l’application intégrale de la loi cléricale du vicomte de Falloux de 1850 et des lois datant de l’annexion allemande de 1870 à 1918) et les décrets Mandel de 1939 pour les Territoires d’Outre-mer, les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis 1945 ont violé délibérément la laïcité de l’Ecole et de l’Etat.
En faisant voter les lois antilaïques, les gouvernements successifs de la IVéme et Vème République ont porté atteinte de manière grave à la loi de 1905. Aujourd’hui, c’est un budget équivalent à 200 000 postes qui est détourné de l’École publique au profit de l’école privée essentiellement catholique.
La laïcité, garantie par la séparation des Églises et de l’État, c’est la démocratie !
La démocratie politique impose que la République ne connaisse que des citoyens et non des communautés. C’est la condition fondamentale pour assurer une véritable liberté de conscience. A l’inverse, le communautarisme ne connaît pas les citoyens et n’organise que les sujets. La notion de droits est remplacée par celle de devoirs liés à une appartenance communautariste présupposée et incontournable.
Le respect absolu de la séparation des Églises et de l’État impose la non-reconnaissance des religions dans l’École laïque et dans les services publics. Ce principe interdit tout prosélytisme religieux par des signes, insignes et emblèmes ainsi que l’enseignement de la catéchèse dans l’Éducation nationale. La laïcité prohibe tout financement direct et indirect de bâtiments à vocation cultuelle. La démocratie impose que la religion soit exclusivement une affaire privée.
Quand la République a été une nouvelle fois fondée en 1870, quand elle s’est affirmée en 1877 et en 1879, elle a instauré dans un même mouvement d’émancipation la laïcité scolaire et celle de l’État. Elle proclamait comme un principe intangible le respect de la liberté absolue de conscience.
Au même moment, elle reconnaissait la plus totale liberté syndicale en 1884, c'est-à-dire le droit pour les ouvriers de s’organiser en toute indépendance pour la défense de leurs intérêts contre ceux des classes dominantes. S’affirmait aussi dans le même temps la pleine et entière liberté d’agir des partis politiques, sans laquelle il ne peut y avoir de véritable démocratie. L’affirmation des libertés démocratiques et politiques était accompagnée de conquêtes sociales d’envergure.
Les principes fondamentaux et les modalités de mise en pratique de la Laïcité ont vocation à être exportés sur le plan international.
Défendre et promouvoir la loi de 1905 !
La laïcité de l’École et de l’État, garantie par la loi de 1905, est indissociable de la République une et indivisible. On ne peut défendre l’une sans défendre l’autre. La liberté absolue de conscience est une des garanties fondamentales de l’égalité des droits de tous les citoyens.
Les militants laïques de diverses origines, soussignés, décident de constituer un Comité de Liaison d’Appel aux Laïques pour la défense de la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905. Ils appellent tous les laïques, dans tous les départements, à contresigner cet appel et à préparer la manifestation nationale le samedi 10 décembre 2005 à Paris, en direction de l’Assemblée Nationale :
- Pour la restauration de la loi de 1905 !
- Pour l’abrogation du Statut clérical d’Alsace Moselle !
- Pour le respect du principe : « Fonds publics à la seule École publique » !
Pour l’abrogation de toutes les lois antilaïques !
Pour l’avènement d’une laïcité sans frontières !
Fédération Nationale de la Libre Pensée • 10-12 rue des Fossés Saint Jacques • 75005 Paris Tél. : 01 46 34 21 50 • E-mail : lp54@wanadoo.fr
Pour la défense
et la promotion de la loi de 1905
Samedi 10 décembre 2005 à 14H30
/
Place de la
République à Paris
Manifestation laïque à Paris

Ce site a été mis à jours le 12 mars 2008