La fédération des libres penseurs de Meurthe et Moselle a adressé une lettre à 18 candidats aux élections municipales autour de Nancy sur leur position sur des points particuliers de la laïcité. Les questions posées étaient les suivantes :
1) Etes-vous favorable à l’abrogation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004, faisant obligation aux communes de financer les écoles privées sous contrat implantées hors de leurs limites ?
2) Quelle est votre position sur le financement public des établissements privés confessionnels et plus généralement sur le versement de subventions directes et indirectes à toute activité cultuelle. Pour notre part, nous estimons que les impôts doivent financer exclusivement les écoles laïques et les services publics.
Vous engagez-vous à ne pas voter de crédits publics à l’enseignement privé ?
NANCY :
Liste conduite par monsieur André Rossinot : pas de réponse précise sur ces deux questions. « Application stricte des dispositions concernant la loi du 9 décembre 1905… » Commentaire : les nombreuses participations de monsieur André Rossinot à des cérémonies religieuses, le financement massif des écoles privées confessionnelles (762504 € en 2006) et aux associations cultuelles (21200 € en 2006) sont des faits qui parlent par eux-mêmes.
Liste Gauche Alternative : se prononce pour ne pas financer les écoles privées. Pas de réponse sur l’abrogation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004.
Pas de réponses de la liste conduite par le Parti Socialiste.
VANDOEUVRE :
Liste conduite par Mme Françoise NICOLAS : aucune réponse.
Liste conduite par Mr. Marc SAINT-DENIS : aucune réponse.
Liste conduite par Mr. Manu DONATI : « Nous pensons que l’abrogation de l’article 89 est une nécessité. Dans notre République, une municipalité se doit avant tout de donner aux écoles publiques les moyens matériels et financiers pour remplir au mieux leur mission… Nous sommes donc en désaccord complet avec le discours du Président de la République lorsque ce dernier propose de permettre le financement de construction de lieux de culte avec les deniers publics, et cela quelque soit le culte (musulman, catholique, protestant, juif, etc…). »
TOMBLAINE :
Liste conduite par monsieur Hervé FERON : Comme député, il rappelle « avoir signé une proposition de loi présentée le mardi 27 novembre pour l’abrogation de l’article 89. ». Comme maire, Mr FERON « a écrit début décembre à l’ensemble des maires de sa circonscription demandant au nom des principes de laïcité et de parité de ne pas contribuer au financement des écoles privées dans l’attente des décisions du recours au conseil d’Etat. » Sur sa proposition, le « conseil Municipal a refusé à l’unanimité de financer les écoles privées » et Mr. Féron « a répondu négativement aux demandes des écoles privées sollicitant [Mr. Féron] pour inscrire au budget 2008 de Tomblaine une participation au titre du financement des écoles privées sous contrat d’association avec l’Etat. ».
La Fédération des Libres Penseurs de Meurthe et Moselle ne donne aucune consigne de vote. Elle rappelle que la défense de la laïcité institutionnelle par la municipalité, institution de la République, est un aspect important d’un programme municipal.
La Libre Pensée rappelle ses positions :
Abrogation de l’article 89 de la loi de décentralisation ;
Fonds publics exclusivement à l’école publique, fonds privés à l’école privée.
Aucun financement de culte, même déguisé sous des motifs culturels ; c’est aux adeptes des cultes de financer leur lieu de culte.
Respect et application de la loi de 1905.
La Fédération des Libres Penseurs de Meurthe et Moselle proteste
vivement contre les atteintes à la Séparation des Eglises et de l’Etat, institutionnalisée
dans la loi de 1905, et qui se sont traduites par deux événements récents :
• Au niveau de l’agglomération nancéienne,
par la participation de monsieur André Rossinot, maire de Nancy, et de la représentante du maire de
Vandoeuvre, à la messe solennelle (6 décembre) célébrée par monsieur Raffin, évêque de Metz,
pour le jubilé de la basilique Notre-Dame de Lourdes.
Les « subventions à la
réalisation prestigieuse de cette année jubilaire » (Est Républicain du 9 décembre 2007) de ces
communes sont aussi un viol de la loi de 1905 que nous condamnons.
• Au niveau national, la rencontre ès-qualité du président de la République, Nicolas
Sarkosy avec le pape Benoît XVI. Le président de la République feint de mélanger l’histoire,
c'est-à-dire la fusion de l’Etat et de l’Eglise pendant 1500 ans, qui s’est traduite par des guerres
de religions, des autodafés, l’obscurantisme,etc... qu’il assimile à de fumeuses « racines chrétiennes » de la France.
Le Président de la République oublie que la Renaissance, les philosophes des Lumières, la
Révolution Française de 1789-1793, la Commune de Paris de 1871 ont été des étapes
aboutissant à la loi de 1905. Celle-ci marqua le fait que la Nation s’émancipait de
la tutelle de toutes les Eglises pour établir la totale liberté de conscience (droit
de croire ou de ne pas croire) et instituer le Citoyen Eclairé pour déterminer son avenir.
La Fédération des Libres Penseurs de Meurthe et Moselle estime que la
mise en avant de la religion catholique par les élus de la République, est un puissant
appel au développement du communautarisme sur une base religieuse.
Voudrait-on, par des actes répétés, laisser accroire que la laïcité serait obsolète ou bien que la « laïcité parvenue à
maturité » (Déclaration N.Sarkosy devant le pape) serait ce viol permanent de la laïcité
institutionnelle ? Fait-il voir une relation entre ce viol permanent de la laïcité et une politique qui
conduit une fraction (1/8)grandissante de la population en-dessous du seuil de pauvreté ?
Voudrait-on inciter les citoyens à se tourner vers les églises, la charité, pour tenter
d’ériger un barrage vers la République Sociale ?
Chercherait-on à vouloir opposer telle partie à telle autre partie du peuple ?
Les Libres Penseurs estiment que la situation est grave. Elle exige le plein respect de la loi de 1905..
Les Libres Penseurs appellent les citoyens à être vigilants et àse regrouper pour défendre pratiquement
la laïcité institutionnelle et à le rappeler à ceux qui violent la loi de 1905.
Notre association vient de prendre connaissance (Est Républicain du 17/11/2007) de l’intervention du député Laurent Hénart de la majorité présidentielle à l’Assemblée Nationale pour augmenter encore de 5 millions d’euros les subventions d’état à l’enseignement privé, essentiellement catholique, alors que 11200 postes sont supprimés à l’enseignement public. Une telle décision est encore une atteinte à la laïcité de l’Etat qui institutionnalise l’Eglise catholiques, les églises, dans la sphère publique.
Nous rappelons la revendication de toujours des républicains qui est : Fonds publics à l’école publique, fonds privé à l’école privée.
Nous rappelons aux citoyens que les Eglises, et principalement l’Eglise Catholique, reçoivent 10 milliards d’euros par an au mépris de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat (inventaires réalisés par la Libre Pensée en 2006).
Ces financements publics à des confessions ne peuvent que favoriser le développement du communautarisme sur une base religieuse, et préparer un retour à un régime concordataire.
Ce site a été mis à jours le 12 mars 2008