La Fédération des Libres Penseurs de Meurthe et Moselle constate une nouvelle fois la confusion entre culturel et cultuel et cultuel et République suite à la réfection de l’église de Benney (Est Républicain du 7/04/2009). En effet, cette cérémonie a rassemblé avec le curé de la paroisse et le responsable de l’évêché de la commission des arts sacrés, les représentants d’institutions républicaines, monsieur Luc Martin, maire de Benney, Monsieur André Barbier, conseiller général et Monsieur Philippe Nachbar, Sénateur. Que des élus de la République organisent une cérémonie d’inauguration du patrimoine historique, que peut être une église, indépendamment de représentants de l’Eglise est une chose normale. Que celle-ci se fasse avec des représentants de l’Eglise invités par des représentants de la République est une violation de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat.
Qu’à cette occasion, monsieur le Maire ait déclaré que l’église rénovée « reste un lieu privilégié de rassemblement et de fraternité entre les habitants de Benney et de toute la paroisse » n’est autre qu’appeler à un fonctionnement concordataire de la commune de Benney, pavant ainsi la voie à la restauration du Concordat à l’échelon national.
La Fédération des Libres Penseurs de Meurthe et Moselle rappelle que le lieu de fraternité par excellence d’une commune est la Maison Commune c’est à dire la Mairie où sont inscrits au front du bâtiment la devise républicaine « Liberté-Egalité-Fraternité ». En revanche, ce n’est pas l’église de la paroisse. La paroisse n’est pas la Commune. Une telle confusion est un appel à un retour au régime féodal, antérieur à la Révolution française, qui ne connaissait que des sujets et des paroissiens privé de leur liberté de conscience (droit de croire ou de ne pas croire à un culte quelconque ou à tous les cultes). La Fédération des Libres Penseurs de Meurthe et Moselle rappelle au contraire que la totale liberté de conscience est garantie par la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat.
Cette cérémonie comme les déclarations de Monsieur Luc Martin, maire de Benney, sont aussi un appel pour les adeptes des autres religions et leur clergé ou organisations cultuelles à exiger une reconnaissance équivalente de la part des représentants de la République. Ceci pave la voie à l’émergence du communautarisme religieux et aux affrontements potentiels sur un fond de misère sociale.
Les citoyens de ce pays sont trop attachés à la laïcité institutionnelle, pour ne pas faire barrage à une telle orientation d’élus de la République. Les Libres Penseurs appellent les citoyens à s’opposer à toute atteinte à la laïcité institutionnelle dans la lettre et l’esprit de la loi de 1905.
Vandoeuvre le 14 avril 2009
Cette page a été mise à jours le 24 septembre 2009